{"id":171,"date":"2016-03-24T10:08:48","date_gmt":"2016-03-24T08:08:48","guid":{"rendered":"http:\/\/lesdestinataireseclaires.fr\/?p=171"},"modified":"2016-12-08T10:06:08","modified_gmt":"2016-12-08T08:06:08","slug":"andre-markowicz","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lesdestinataireseclaires.fr\/?p=171","title":{"rendered":"Andr\u00e9 Markowicz"},"content":{"rendered":"<p>Il s&rsquo;agit l\u00e0-dessous d&rsquo;un texte d&rsquo;Andr\u00e9 Markowicz. Il est \u00e9crivain, traducteur, po\u00e8te et&#8230;chroniqueur sur sa page Facebook.<\/p>\n<p>J&rsquo;ai un compte Facebook, et j&rsquo;ai parfois un peu de mal \u00e0 expliquer, au fond, ce qui me tient \u00e0 cet outil. J&rsquo;y trouve d&rsquo;une certaine mani\u00e8re un peu ce que j&rsquo;y cherche, et c&rsquo;est pas mal, car souvent, sur la toile, je ne trouve pas ce que je cherche. Ce texte d&rsquo;Andr\u00e9 Markowicz montre bien ce qu&rsquo;on peut y faire, ce qu&rsquo;on peut y laisser, et c&rsquo;est ouvert \u00e0 tous les vents. Les commentaires qui font suite \u00e0 ses articles ne sont pas remplis de toutes les absurdit\u00e9s et b\u00eatises vues ailleurs.<\/p>\n<p>Pourtant, j&rsquo;ai voulu faire un blog, bien modestement, pour ma part. un r\u00e9flexe de propri\u00e9taire, sans doute.<\/p>\n<p>Je vous laisse avec ce texte, dites moi, \u00e9videment, ce que vous en pensez, si \u00e7a vous chante. (Et le lien pour aller sur le site si vous \u00eates adepte du r\u00e9seau social)<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/andre.markowicz\/posts\/1731303207081984\" target=\"_blank\">https:\/\/www.facebook.com\/andre.markowicz\/posts\/1731303207081984<\/a><\/p>\n<p><!--more-->&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;<\/p>\n<div class=\"_1dwg\">\n<div id=\"js_4\" class=\"_5pbx userContent\" data-ft=\"{&quot;tn&quot;:&quot;K&quot;}\">\n<p>De mon lieu sans lieu<\/p>\n<p>Je suis arriv\u00e9 \u00e0 ma 600\u00e8me chronique \u2014 publication, post, statut, je ne sais toujours pas comment appeler \u00e7a \u2014 sur Facebook. Mais, depuis juin 2013, r\u00e9ellement, \u00e7a a fait une suite ininterrompue, tous les deux jours au maximum (et souvent tous les jours et demi). C\u2019est-\u00e0-dire que, depuis juin 2013, \u00e7a a pris toute la place dans ma vie. Pas toute-toute la place, mais \u2014 toute la place. Et ce n\u2019est pas une histoire de temps, ou d\u2019\u00e9nergie n\u00e9cessaire, ou de concentration, c\u2019est une histoire de lieu.<\/p>\n<p>On me demande d\u2019\u00e9crire des articles, \u2014 moi, d\u2019abord, je ne sais pas, je n\u2019\u00e9cris pas comme \u00e7a, mais, surtout, c\u2019est autre chose ; je me demande si \u00e7a pourrait trouver sa place ici, et, si c\u2019est possible, je veux bien essayer \u2014 et l\u2019article, du coup, change de genre. Parce que c\u2019est devenu mon lieu unique. Si \u00e7a n\u2019entre pas dans le cadre d\u2019une chronique possible, c\u2019est comme si je me sentais exil\u00e9, ou inutile, comme si tout le reste \u00e9tait anecdotique.<\/p>\n<p>Parce que ce non-lieu est devenu mon lieu. C\u2019est un non-lieu \u00e9videmment \u2014 un lieu de conversation et d\u2019anecdotes, de rien du tout, de mon chat en vacances, et de la r\u00e9action \u00e0 l\u2019instant. Pas plus idiot que la vie en g\u00e9n\u00e9ral \u2014 et c\u2019est pour \u00e7a que je l\u2019aime, ce lieu-l\u00e0. Parce qu\u2019il est comme la vie, \u2014 juste normal. Et que, donc, on peut y \u00eatre normal. Normal, parce que, pour un \u00e9crivain, c\u2019est normal d\u2019\u00e9crire, et de partager ce qu\u2019il fait, \u2014 et, pour moi, de le partager sur le ton qui est celui-ci, c\u2019est-\u00e0-dire d\u2019une conversation. Partant de l\u2019id\u00e9e que ce qui m\u2019int\u00e9resse peut int\u00e9resser quelqu\u2019un d\u2019autre. C\u2019est une conversation factice, \u00e9videmment, puisqu\u2019il n\u2019y a, dans mes chroniques elles-m\u00eames, qu\u2019un monologue, \u2014 mais une conversation r\u00e9elle. Et je ne parle pas seulement de vos r\u00e9actions en commentaires, ou en messages priv\u00e9s. Non, juste le fait que ces chroniques sont lues, au jour le jour. Et qu\u2019elles sont destin\u00e9es \u00e0 \u00eatre lues.<\/p>\n<p>En fait, je sais bien qu\u2019elles sont lues, ces chroniques. Je suis arriv\u00e9 au chiffre fatidique de 5000 amis FB, je ne peux pas faire plus. Si j\u2019augmentais, je deviendrais, je ne sais pas, une \u00ab entreprise individuelle \u00bb, ou une \u00ab personnalit\u00e9 \u00bb, ou je ne sais pas quoi, et il faudrait que je recommence tout, je crois. Et donc, non, je reste comme je suis. Peut-\u00eatre que je peux changer les choses en ouvrant les commentaires \u00e0 ceux qui ne sont pas mes \u00ab amis \u00bb ? \u2014 Parce que je n\u2019ai pas que 5000 amis, j\u2019ai aussi pr\u00e8s de 4500 abonn\u00e9s et, ce chiffre, il n\u2019arr\u00eate pas d\u2019augmenter, je regarde \u00e7a, et je me demande toujours comment \u00e7a se fait : mais, tous les jours, il y a de nouveaux lecteurs. Un abonn\u00e9, c\u2019est quelqu\u2019un qui re\u00e7oit ce que j\u2019\u00e9cris sur son propre mur, c\u2019est \u00e7a ? \u2014 Bon, vous lisez quand vous voulez, mais, ce que je sais, c\u2019est que vous pouvez lire. Et en plus, au cours de mes rencontres dans la vie qui s\u2019appelle r\u00e9elle, il y a plein de gens qui me disent qu\u2019ils ont lu telle chronique ou telle autre, ou que quelqu\u2019un leur a dit qu\u2019il avait lu et qu\u2019ils avaient lu et qu\u2019ils avaient dit \u00e0 un autre quelqu\u2019un qui fallait lire, ce qui fait que, combien de lecteurs j\u2019ai, je n\u2019en sais rien du tout, mais, s\u00e9rieusement, m\u00eame si premier tirage de \u00ab Partages \u00bb et de \u00ab Ombres de Chine \u00bb a \u00e9t\u00e9 \u00e9puis\u00e9, \u00e7a fait vraiment pas mal. \u00ac Et ce qui me pla\u00eet encore davantage que le nombre, c\u2019est que, du coup, ces lecteurs sont tr\u00e8s divers \u2014 de tous les \u00e2ges, de tous les \u00e9tats, comme on disait dans le temps, de toutes les conditions. Et \u00e7a aussi, c\u2019est bien. Parce que, d\u2019une fa\u00e7on ou d\u2019une autre, c\u2019est un moyen de faire lire, un moyen, oui, vraiment, de sortir de l\u2019entre-soi des \u00e9crivains, du monde de la litt\u00e9rature. Un moyen, oui, vraiment, de partage.<\/p>\n<p>*<\/p>\n<p>Qu\u2019est-ce que c\u2019est, un lieu, quand on \u00e9crit ? C\u2019est une forme. J\u2019ai toujours eu la nostalgie de la forme \u00ab grande \u00bb, d\u2019une esp\u00e8ce de globalit\u00e9, d\u2019un seul courant tr\u00e8s large qui viendrait tout prendre dans son \u00e9lan, et je pense que mon int\u00e9grale Dosto\u00efevski venait aussi de \u00e7a, de ce r\u00eave d\u2019enfant d\u2019avoir, toute sa vie, une seule chose \u00e0 faire, qui serait de travailler longtemps, dans plein de directions, mais dans une seule\u2026 En fait, j\u2019accumule les cycles : Dosto\u00efevski, \u00e9videmment, mais aussi celui, moins visible sans doute, moins d\u00e9terminable, des romantiques russes chez Babel, et celui du th\u00e9\u00e2tre russe aux Solitaires Intempestifs\u2026 et la s\u00e9rie que je commence en ce moment (j\u2019ai parlerai bient\u00f4t). Et les \u00ab Ombres de Chine \u00bb, bien s\u00fbr. Et l\u00e0, ici, sur FB, qu\u2019est-ce que c\u2019est d\u2019autre que \u00e7a, avec cette diff\u00e9rence que ce lieu me permet de, non, m\u2019oblige \u00e0 passer du coq \u00e0 l\u2019\u00e2ne, et qu\u2019il accepte avec la m\u00eame indiff\u00e9rence des po\u00e8mes tr\u00e8s compliqu\u00e9s, que je comprends \u00e0 peine moi-m\u00eame quoique je les \u00e9crive, des traductions de toutes sortes, et des r\u00e9flexions au fil du clavier, sur mon travail, sur mes souvenirs, sur mes souvenirs de souvenirs, sur notre vie \u00e0 nous, au jour le jour ou presque, \u2014 avec la m\u00eame, oui, indiff\u00e9rence, parce que, et c\u2019est \u00e7a qui si important pour moi, le lieu en tant que tel est un lieu sans jugement, un lieu par effraction. Un lieu qui me permet d\u2019\u00eatre comme tout le monde. Parce que je ne crois pas aux \u00ab happy fews \u00bb.<\/p>\n<p>Tout \u00e7a, c\u2019est bien et, n\u00e9anmoins, arriv\u00e9 l\u00e0, j&rsquo;ai peur. Pas seulement de ne pas avoir l\u2019\u00e9nergie, je le sens bien, de tout mener de front &#8211; parce que, ce que je dois faire, je m\u2019en dresse la liste, je suis atterr\u00e9 : les notes et la pr\u00e9face de Godounov, la fin du livre sur Hamlet, la refonte totale de ma traduction de \u00ab\u00a0Holocauste\u00a0\u00bb, et les po\u00e8mes de Harms, et les nouvelles de Zochtchenko et surtout, surtout, surtout, la correspondance de Tchekhov et la refonte des nouvelles traduites voil\u00e0 exactement trente ans&#8230;. Et je ne parle de mon projet \u00ab\u00a0th\u00e9\u00e2tre russe\u00a0\u00bb&#8230; Non, il ne s&rsquo;agit m\u00eame pas de \u00e7a&#8230;<\/p>\n<p>J\u2019ai peur de m\u2019\u00e9puiser ici. De me r\u00e9p\u00e9ter. J\u2019ai peur que \u00e7a devienne une routine \u2014 de perdre la fra\u00eecheur et l\u2019int\u00e9r\u00eat, pour moi-m\u00eame, d\u2019abord. Et donc, pour tous. Et ce n\u2019est m\u00eame pas que j\u2019aie peur de perdre ma passion, non. Juste, je me demande comment \u00e7a pourra continuer, au fil du temps. Eh bon, je partage \u00e7a aussi\u2026 ne serait-ce que pour moi. Et je repars.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il s&rsquo;agit l\u00e0-dessous d&rsquo;un texte d&rsquo;Andr\u00e9 Markowicz. Il est \u00e9crivain, traducteur, po\u00e8te et&#8230;chroniqueur sur sa page Facebook. J&rsquo;ai un compte Facebook, et j&rsquo;ai parfois un peu de mal \u00e0 expliquer, au fond, ce qui me tient \u00e0 cet outil. J&rsquo;y trouve d&rsquo;une certaine mani\u00e8re un peu ce que j&rsquo;y cherche, et c&rsquo;est pas mal, car souvent, sur la toile, je ne trouve pas ce que je cherche. 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