Archives de
Auteur : Philgido

Neuvième Juin

Neuvième Juin

Une journée de jardinage genre gros oeuvre. Petite tondeuse à qui l’on demande de s’attaquer à des herbes drues de plus de 50 cms de haut, elle est courageuse comme un p’tit cheval dans le mauvais temps. Chaleur, sueur, soif, griffures.Et finalement satisfaction de regarder notre boulot de la terrasse. Aller faire un tour dans le champ d’en face pour trouver quelques longues branches de noisetier pour fabriquer une petite barrière. En ramener aussi des fleurs pour un bouquet champêtre.

 

 

Huitième Juin

Huitième Juin

En fait c’est déjà le neuf, mais pas vu passer le temps. On est dans la petite maison aux volets rouges. Le petit jardin propose une herbe haute d’une cinquantaine de centimètres, et d’autres herbes folles éparpillées dans l’allée, jusque sur le mur de soutènement de la grange. Un après-midi de jardinage s’offre à nous demain, enfin tout à l’heure.

François Bon a lancé son atelier d’été. Faudra pas trop traîner pour y aller et démarrer l’affaire.

Que j’aime être ici au calme d’une campagne d’image d’Épinal.

Septième Juin

Septième Juin

Je ne causerai plus du véganisme, du moins sur les réseaux sociaux, car lorsque je dis que si mon oreiller est fait avec des plumes je risque bientôt d’aller en prison, on me dit que ce ne sera pas la prison, mais qu’on me tapera sur les doigts selon la loi, celle que les végans auront mis en place. La loi des anti-omnivores…. ça, ça fout vraiment la trouille.

Il est 10h00, je vais aller dire bonjour à mes salades et mes tomates, qui dans quelques jours finiront dans mon assiette sans avoir laisser des graines pour…. non, non, j’ai dit que j’arrêtais.

J’ai une passion pour les magasins de bricolage. Mais j’ai plus le temps, je vous dirai ça une autre fois. Demain, faut charger la voiture avec des tas de petites choses qui partent en Aveyron.

Il est 23h23… j’ai plus de temps.

A demain.

 

Sixième Juin

Sixième Juin

« La plupart des gens souffrent de cette infirmité de ne pas savoir dire ce qu’ils voient ou ce qu’ils pensent. […] La littérature tout entière est un effort pour rendre la vie bien réelle. Comme nous le savons tous, même quand nous agissons sans le savoir, la vie est absolument irréelle dans sa réalité directe : les champs, les villes, les idées, sont des choses totalement fictives, nées de notre sensation complexe de nous-mêmes. Toutes nos impressions sont incommunicables, sauf si nous en faisons de la littérature.» (Le Livre de l’intranquillité, Fernando Pessoa)

J’ai trouvé ces quelques phrases ce matin sur la toile, plus précisément sur mon mur facebook. Je trouve pas mal de choses intéressante, sur ce réseau social. Je ne vais pas en faire des tonnes non plus, car d’autres ont déjà bien décrit ce qui en retourne, surtout André Markowicz qui l’utilise en lieu et place d’un blog. Tout le contraire de ce que je fais ici, en somme, mais je le revendique. Je préfère que ce soit une volonté de recevoir mes articles, et je ne crois pas non plus à leur portée universelle pour ce qui y est évoqué. C’est tout autre chose pour André Markowicz, et je vous encourage à aller voir ses pages, tout est public.

Hier soir, juste avant d’aller au pieu et de poser ma tête sur mon oreiller plein de plume d’oiseaux, je répondais un peu vivement à un post traitant de des militants de la cause animale. Il était question, photo à l’appui, du caillassage de la devanture d’un restaurant où l’on sert, sans doute, des plats avec de la viande. L’auteur ne prenait pas parti pour les vandales, mais disait que ce n’est pas comme ça qu’il faut s’opposer à ses « ennemis politiques ». A ça, j’ai vraiment été énervé. Ma fille, qui est végétarienne et elle a bien le droit, mais puisque je ne partage pas son point de vue sur l’alimentation, elle deviendrait un ennemi politique !! Si ça continue, concluais-je, dans quelques temps, mon oreiller en plumes me vaudra des années de prison pour complicité de séquestration, assassinat et recel de cadavres de canards !!

Je l’ai déjà dit, mon père et mon grand-père étaient bouchers. C’est un métier, qui se fait proprement et dans les règles de l’art. Tout petit, mon grand-père m’emmenait aux abattoirs de La Villette, mais pas comme on va au spectacle, simplement parce que c’était le lieu où il achetait de la marchandise, de la viande d’animaux, oui. Je n’en ai jamais été traumatisé, et ce sont de bons souvenirs de moments partagés avec un grand-père, le seul des deux que j’ai connu. Ne pas faire souffrir les animaux, évidement! ça tombe sous le sens, mais de telles dérives d’aller taguer des boucheries ou des poissonneries en traitant les commerçants d’assassins, c’est vraiment de la bêtise, la plus crasse.

Pessoa a raison :  » Toutes nos impressions sont incommunicables, sauf si nous en faisons de la littérature. » C’est prétentieux, hein. Je sais, mais faire des barbarismes qui font marrer mes potes du genre, les salades saladent et les tomates tomatent, ben si c’est pas d’la littérature, faut m’expliquer mieux, alors.

Sinon, j’ai fait mon temps quotidien sur le vélo d’appartement, pour garder la forme, le souffle, faire fonctionner mon cœur, physiquement, car amoureusement il est au top depuis quelques années, et garder la ligne. Enfin, la ligne, faut pas exagérer, disons des formes un peu moins arrondies. Mais surtout, c’est bon pour les genoux en prévision des randonnées estivales. On va faire un tour de l’Aubrac cet été, sur 3 à 5 jours, selon les possibilités et les conditions. Pour info, 45′ à presque 30 kms/h de moyenne, soit 22,4 kms. Une bonne suée, j’vous l’dis!

Et puis avec un t-shirt de circonstance.

A demain.

 

 

 

 

 

 

 

Cinquième Juin

Cinquième Juin

C’est vrai qu’en s’y mettant le matin, j’ai beaucoup plus de temps devant moi pour alimenter l’article du jour, d’autant que je me levais avant 7H00, ce qui n’est pas si habituel que ça. Le petit déjeuner était agrémenté avec des tartines badigeonnées avec le sirop figé du fond de la gamelle de cuisson de la confiture de cerises. Ce sirop était récupéré et mis dans un petit bol, hein, il ne traînait pas ce matin dans une bassine abandonnée dans l’évier avec une vaisselle non faite, non! N’allez pas imaginer que je vis aujourd’hui comme à l’époque de la rue de Tocqueville!

D’ailleurs, une des missions du jour, rappelée par ma plus belle fille du monde à moi (Soit la PBFDM, marque déposée par Jacques B. mais laissée libre de droits) avec insistance, voire énergie c’est de faire des étiquettes pour les pots. Quand je vous dis que j’ai des trucs à faire.

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour l’heure, je vais faire un petit tour à mes deux carrés de jardin. Les salades saladent, les tomates tomatent, et les radis de 18 jours en auront bientôt 8. Tout va bien, je vais juste arroser un peu ce petit monde, et faire une photo, rien que pour vous.

 

 

 

 

 

 

 

 

Même deux, de photos. Des salades là à gauche, et des tomates et des radis là à droite. Comme dirait ma fille qui vit à Marseille: « Y’a pas rien, là! ». J’attends donc de récolter, maintenant.

Sur le front des ateliers d’écriture, la récolte est faite. Voici les deux livres produits par François Bon, issus des ateliers passés. Je suis fier comme Bar-Tabac, et aussi très content de partager ces deux productions avec mon ami Guy F.

Dans quelques jours François va lancer un nouvel atelier pour l’été. J’ai laissé tomber celui de l’hiver en cours de route, presque pour de bonnes raisons dont je pourrai d’ailleurs parler ici. Mais pas maintenant. Il est 13H00 passé, je ne suis pas en retard pour ce quatrième jour, et d’ici ce soir, j’aurai encore des choses à dire.

Pour les amateurs, qui comprendront, je suis bien content de la victoire du CO face au MHR et j’ai donc lu le Midol qui raconte cette rencontre avec articles et entretiens. J’ai bien aimé l’intensité de cette partie, les outsiders qui font déjouer les cadors.

Pour terminer aujourd’hui, mes filles finissent leur séjour à Bali et m’envoyaient tout à l’heure un dernier coucher de soleil. C’est joli tout plein.

 

 

 

 

 

Bientôt 18H00, il est temps d’aller voir si les légumes n’ont pas besoin de quelque chose

Quatrième Juin

Quatrième Juin

juste en passant vite fait car il se fait tard et la journée fut rude.

Cinq kilos de cerises dans un cageot, ça fait trois kilos sept cent cinquante de cerises équeutées et dénoyautées. C’est dingue !

A demain, j’ai pas d’inspiration.

Troisième Juin

Troisième Juin

Ben voila, j’ai déjà raté le deuxième jour, fallait s’en douter !

Aujourd’hui, il a fait des averses et on a été chercher cinq kilos de cerises pour faire des confitures.

C’est déjà pas mal, non?

Premier Juin.

Premier Juin.

Hop, je me lance.

Je vais essayer, je dis bien essayer, de faire un truc ici chaque jour. C’est à dire d’écrire quelque chose sur mon blog, chaque jour pendant un mois, ce mois de juin. Et je débute là, à minuit moins vingt-sept, à peine le temps de relire ces premières lignes fondatrices.

Donc… heu… il a fait beau après plusieurs jours de pluie. J’ai tout de même arrosé mes plans de tomates, salades et radis car il a fait un chaud soleil tout le jour.

Une de mes chères amies est entrée dans la soixantaine ce jour.

On a grignoté des petites tomates avec du thon pour dîner, avec en dessert des yaourts à la vanille. J’ai été chez l’opticien pour de nouveaux verres pour mes montures prises il y a à peine un an, mais mes yeux baissent un peu trop vite.

Demain je me réjouis de voir la finale du top 14 à la téloche, même si j’ai pas un seul pote dans le coin pour partager l’affaire. J’aime bien ces machins tellement régressifs !!

J’ai reçu, merci facteur, les deux livres dans lesquels j’apparais, au côté de mon ami Guy. Les livres des ateliers d’écriture mis en place par François Bon.

Mes filles sont à Bali où elles se tapent la coche depuis neufs jours, et demain dernier moment de farniente avant le retour.

Et… j’ai plus le temps avant que ce soit demain.

 

Bonne nuit, les Gens… finalement, si je ne commence pas de bonne heure, j’ai pas trop de choses à dire. C’est minuit dans dix minutes, faut conclure, voilà : à demain, si on veut bien. Enfin, comme disait Lucien Jeunesse à la fin du jeu des 1000 francs « A demain , si vous le voulez bien » !!

23h52 … j’envoie!

 

Atelier d’écriture à Chateauneuf de Gadagne 18 Avril 2018  » Je convoque mon père dans l’arène « 

Atelier d’écriture à Chateauneuf de Gadagne 18 Avril 2018  » Je convoque mon père dans l’arène « 

Atelier d’écriture du 18 Avril 2018 à la Médiathèque de Chateauneuf de Gadagne

Thème : Frontière réel-irréel.

Autour des textes de Laurence Tardieu « L’écriture et la vie » Ed des Busclats et de Delphine Le Vigan « Rien ne s’oppose à la nuit » aux éditions Jean-Claude Lattès.

1 – Un évenement réel, s’y plonger et en sortir cinq mots clefs.

  • Bip-bip
  • Pied à perfusion
  • Fauteuil
  • Veine
  • Attente

2 – Puis, en 2 ou 3 lignes, qui ne seront pas lues, pour présenter l’evenement.

Voici ces lignes :

Ils m’ont gentiment proposé ce fauteuil, lisse mais confortable. La salle était silencieuse, mais quelques bip-bip venaient égayer l’attente. Elle cherche une veine et m’explique que je pourrai me déplacer grâce au pied de perfusion.

3 – Choisir une dizaine de groupes de mots, ou courte phrase, dans un exemplaire des petits livres mis à disposition. Je choisi Victor Hugo « Car le mot, qu’on le sache, est un être vivant » petit volume de quelques textes. Volume d’une série de dix sortis par Télérama et mis dans un coffret.

Mettre ces mots ou phrase sur une feuille de cahier. Les feuilles ensuite distribuées et chacun doit inclure les choix dans un texte qui raconte « son » évenement.

Pour ce qui me concerne, la lecture des mots m’a tout de suite orienté vers le souvenir de mon « cahier de suivi » de l’événement, que j’ai nommé ensuite « journal de voyage ». Les mots choisis sont issus du livre de Laurence Tardieu « L’écriture et la vie » Ed des Busclats

Voici la liste :

– un maillon clé de mon chemin

– sentiment de necéssité

– écrire ce livre, pour pouvoir vivre encore

– faire entendre sa voix

je convoque mon père dans l’arène

– c’était là et maintenant ou peut-être jamais

– j’ai pleuré

– la confusion des peines

– la seule place possible pour l’écriture est une place à côté

– les mots sont comme des coquilles vides

– mon journal de quête

– les mots tombent hors de moi

– ils vibrent

– la peur du noir

 

Voici mon texte :

———————————————————————————————————————–

C’était là et maintenant et ce n’était pas prévu. Du tout. En sortant du cimetière, j’avais l’impression que c’était la confusion des peines. Lorsque le traitement a commencé, c’était comme si je retrouvais la peur du noir de mon enfance et qu’il me fallait trouver quelque chose pour meubler l’attente, surtout celle du taxi qui devait me ramener à la maison. Il m’a semblé que je devais faire entendre ma voix, me faire m’entendre ma voix. Et j’ai commencé un journal, oui, une sorte de journal de quête. Alors les mots sont tombés hors de moi, et ils m’ont accompagné pendant des semaines, et j’ai écrit comme un livre pour pouvoir vivre encore, avec un sentiment de nécessité intense, puissant. Cette écriture est vite devenue un maillon clé de mon chemin, il n’était pas question de considérer les mots comme des coquilles vides, bien au contraire, Ils m’ont aidé, j’ai fait quelques pas de côté grâce à eux, car la seule place de l’écriture est une place à côtéIl reste deux petites phrases parmi celles de la feuille de cahier, pour conclure. Depuis cette époque, et bien les mots, je peux vraiment dire qu’ils vibrent. Et puis, à cette époque, aussi, j’ai pleuré parfois.

————————————————————————————————————————–

J’ai oublié d’utiliser une des phrases, et je ne le découvre qu’en ce moment, en saisissant le texte, sans rien n’y avoir changé, alors qu’il est à bien améliorer. Cette phrase était sans doute, sur l’instant, bien trop lourde de sens ,

En effet, j’étais il y a quelques jours en Bretagne pour être présent lorsque mon frère, plus jeune que moi, annoncerait à notre père qu’à son tour il était en lutte contre un cancer. En effet, à nous deux « nous avons convoquez notre père dans l’arène » 

Atelier Hiver 2017 exercice 3

Atelier Hiver 2017 exercice 3

J’allais marcher sur le sentier qui démarre au pied de la maison, il faisait froid, sec sans vent. De la neige partout, sous mes pieds d’abord, aussi sur le haut des gros piquets de clôture ronds. Je prenais garde de ne pas glisser, le silence d’hiver m’accompagnait. Je prenais des photos avec mon téléphone, comme des balises qui me permettront de retrouver ce à quoi je pensais à cet endroit, mais ça marche jamais. J’ai bien des certitudes en arpentant les sentiers, mais je n’ai pas de petits carnet pour noter ou faire des croquis. Je sais pas dessiner, j’ai pas appris alors écrire, j’ai pas appris non plus. Et des notes, qu’en resterait-il à la relecture, pas plus que les photos, sans doute.C’était pour l’exercice et je ne savais pas par quel bout commencer. Je marchais, comme d’habitude, pour rassembler les morceaux, les mettre dans la boite crânienne et les laisser se mélanger, se malaxer, s’assembler comme bon leur semblait, sans rigueur ni ordre établi, s’associer à la sauvette. Toujours des morceaux de souvenirs, les petits cailloux du petit Poucet qui sont plutôt des graviers dans la chaussure à asticoter la plante des pieds jusqu’à devoir les enlever de la godasse car la persistance et l’amplification de la gêne, puis de la douleur, deviennent insupportables. Gratter là dans le fond, aller chercher bien profond, tout en bas de ce qui reste d’enfoui, casser la roche dans le boyau de la mine à la recherche d’une pépite oubliée ou d’une horreur si bien dissimulée. Les indications changent, les références évoluent, se renouvellent et se superposent, ainsi les rythmes se saccadent, les cadences varient. La construction prend forme, l’assemblage se fait, pièce à pièce, les morceaux se superposent et le tout, ce petit ensemble, commence à tenir la route. Mais toujours… les lieux, les maisons et leurs escaliers. L’enfance, toujours l’enfance.